Parlons-en: The Good Place

Coup de cœur série #1

Vous vous rappelez de ces cours de philosophie qui finissaient presque toujours par ressembler au moment où à la garderie, la maîtresse annonçait que c’était l’heure de la sieste? Moi, si. Ça commençait gentiment avec Montesquieu ou Voltaire et jusque là, on pouvait encore se vanter d’être un as de la philosophie. Ça se corsait un peu avec les Hume et les Locke. Et finalement, la seule évocation de Leibniz constituait une raison suffisante pour ne plus pouvoir comprimer ses bâillements. Si comme beaucoup d’entre nous, vous vous êtes perdus quelque part entre le pragmatisme et le particularisme moral (j’ai quand même retenu une ou deux choses), il est encore temps de vous rattraper à votre rythme et avec le sourire grâce à The Good Place.

Je dois avouer que mes professeurs de philosophie étaient les meilleurs que j’eus pu avoir. Ils ont quand même réussi à sauver quelques uns d’entre nous. Mais, apparemment la philosophie, l’éthique en particulier, s’apprend mieux quand les lois trouvent leur application dans la réalité (et s’expriment en termes compréhensibles pour le commun des mortels). C’est un peu ce que propose la série The Good Place, créée par Michael Schur et diffusée sur NBC depuis 2016. (Rassurez vous, c’est aussi disponible sur Netflix). La série en est à sa troisième saison et a été nominée pour 2 Golden globes. Dès la première fois où j’ai lu le synopsis, j’ai été irrésistiblement attirée. Mais je résistais encore jusqu’au moment où bien sûr, j’ai fini par céder. Deux nuits blanches plus tard, j’attendais déjà avec impatience la saison 4 prévue pour cette année.

L’intrigue

Vous arrive-t-il de vous demander si vous êtes ou non une bonne personne? Et sinon, cherchez vous à le devenir? C’est peut-être le cas pour beaucoup d’entre nous mais pas pour l’héroïne de The Good Place, Eleanor (Kristen Bell). Du moins pas avant qu’elle finisse par mourir dans un accident. Elle se réveille alors dans une magnifique salle d’attente. Un homme la reçoit dans son bureau et lui annonce que les bonnes actions qu’elle a réalisées dans sa vie, dont son implication dans des missions humanitaires, lui valent d’être reçue au bon endroit ( un peu comme le paradis). Seulement, il existe bien peu de gens aussi égoïstes qu’Eleanor et elle comprend bien vite qu’il y a erreur sur la personne. Elle décide pourtant de se taire pour ne pas être envoyée au mauvais endroit. Son choix s’avère lourd de conséquences. La présence d’une intruse semble avoir rompu l’équilibre de tout le système et Eleanor doit rapidement trouver une solution si elle veut éviter de se faire démasquer et chasser.

Pourquoi regarder The Good Place?

Il y a d’excellentes raison pour donner une chance à The Good Place. D’abord, c’est une sitcom. De fait, même au milieu des drames et des dilemmes moraux improbables, l’humour n’est jamais bien loin et vous vous retrouverez souvent hilares face aux péripéties auxquelles sont confrontées les personnages principaux. Ces derniers sont d’ailleurs la plus grande force de cette série: Eleanor, la louve solitaire à l’âme de meneuse qui apprend peu à peu à développer le sens de la communauté, Chidi, le professeur d’éthique et son indécision chronique (du genre à réfléchir plus de deux heures avant de pouvoir choisir son petit déjeuner), la pétulante Tahani, ou encore Jason qui est incapable d’aligner plus de deux pensées…les personnages intéressants ne manquent pas et ils supportent parfaitement cette histoire si originale.

L’idée de la série est ambitieuse. Le créateur choisit de parler de sujets aussi importants que la morale ou nos reactions face aux experiences de mort imminente. Mais les thèmes sont abordés de façon intelligente et assez décontractée. Tout au long de la quête d’Eleanor pour devenir une « bonne personne », elle s’immerge dans les principes moraux venant de penseurs anciens ou contemporains, repris par son professeur Chidi avec des mots de tous les jours que l’élève le moins appliqué dans une classe de philosophie serait en mesure de comprendre. Ce qui fait qu’il est possible que vous terminiez cette série en étant un petit peu plus intelligents. Et si ça se trouve, vous pourrez même introduire certains de vos arguments par un imposant « Selon Aristote… ». Sympa, non?

Magdalée Brunache

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Parce qu’il s’agit ici de « La belle amour humaine »

Résumer un roman tel que  « La belle amour humaine » de Lyonel Trouillot reviendrait à tenter l’exercice farfelu de définir la complexité des personnages évoluant dans cette sphère romanesque. Mais comme Thomas l’a si bien dit: « on ne résume pas un humain ». Alors on peut toujours s’embarquer à bord de la voiture de Thomas, pour suivre le trajet de Port-au-Prince à Anse-a-Fôleur, se fondre dans la multitude disparate de la ville, se saouler de tous ses bruits, emprunter la nationale pour atteindre ce lieudit d’Anse-a-Fôleur ou vingt ans plus tôt avait pris naissance un mystère jamais élucidé.

Une nuit, les deux maisons jumelles de l’homme d’affaires Robert Montes et du colonel Pierre André Pierre brulèrent sans que leurs propriétaires ne pussent s’échapper. Était-ce un accident ? Un crime collectif ? Dans ce village côtier du Nord-Ouest, personne n’a rien vu (du moins le soutiennent-ils).Voilà qu’une vingtaine d’années plus tard, la petite fille de Robert Montes débarque. Elle est en quête de réponse, d’une meilleure compréhension de l’inconnu que fut son père. Son nom est Anaïse, un nom doté d’une grande saveur locale. Mais ne vous y fiez pas, c’est une occidentale matérialiste, venue d’une des grandes capitales du monde.

Tout au long du trajet, les mots de Thomas vont emplir l’espace clos de la voiture. Son flux de paroles nous peint Anse-a-Fôleur, ce lieu où chaque habitant souffre de la maladie de la mer, où l’étranger est reçu avec chaleur et bienveillance. Là-bas, quelques familles évoluent dans une fraternité parfaite. Plus que de l’affabilité, c’est leur amitié que ces hommes et ces femmes offrent à l’inspecteur venu de la capitale suite à l’incendie des « belles jumelles » et plus tard à Anaïse. Un accueil qui les pousse, chacun à leur tour à se poser la seule question qui compte réellement : quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?…Doit on la porter à étendre sa domination sur les autres comme le firent l’homme d’affaires et le colonel ?ou alors faire le don de son rire, de sa lumière intérieure à ceux qui nous entourent.

Les deux hommes (l’homme d’affaires et le colonel) avaient toujours craché sur ce que l’oncle de Thomas, le peintre Frantz Jacob appelle : La belle amour humaine. Là peut-être réside la cause de leur disparition. À Anse-a-Fôleur, leur absence fut à peine remarquée. Car finalement ce livre est l’histoire de ces villageois soumis aux caprices de la mer, loin des préjugés de toutes sortes dont thomas a souvent fait l’expérience. C’est l’esquisse de ce patelin où chacun s’évertue dans la mesure du possible à être l’aide-bonheur d’une autre personne la plus grande joie étant d’apporter à l’autre un peu de soi-même. Après tout, n’est-ce pas là la meilleure façon de faire acte de présence dans le paysage humain ?

Magdalée Brunache

Publié dans Le National du 23 juillet 2015

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Parlons-en: L’amie prodigieuse (La saga)

J’ai eu la chance de rencontrer une dame charmante il y a quelques années. C’était une féministe, la responsable d’une organisation de femmes. Elle m’a conseillé plusieurs livres et auteurs. Elle m’a surtout offert un exemplaire du premier tome de cette magnifique saga d’Elena Ferrante : L’amie prodigieuse. Je ne connaissais pas encore cette auteure. A l’époque, j’ignorais aussi qu’il me faudrait encore trois autres livres pour arriver au bout de l’histoire de Lenuccia et Lila ni qu’elle parviendrait à me toucher autant. Dans la dédicace, il était simplement écrit que ce livre l’avait marqué et qu’elle espérait qu’il en fut pareil pour moi.

Au milieu des cours, de mes autres lectures et tout le reste, j’avais fini par ne plus penser à ce livre, le déléguant quelque part dans ma bibliothèque personnelle. Je l’ai retrouvé au moment de partir pour mes études. Comme je m’en allais pour Dieu sait combien d’années, plutôt que de laisser mes livres en pâture à la poussière et à l’oubli, j’ai décidé d’en offrir une bonne partie, me disant qu’ils seraient au moins lus et que d’autres les chériraient autant que moi. Mais comme on dit chez moi qu’il ne faut pas offrir un cadeau qu’on a reçu de quelque d’autre, L’amie prodigieuse tome 1, fait partie des quelques livres que j’ai emportés avec moi et l’un des tous premiers que j’ai lus en arrivant à Taiwan. (Point intéressant : mon amie qui est italienne tout comme l’auteure, n’en a jamais entendu parler)

L’histoire d’une amitié

En quatre livres, Elena Ferrante explore la vie de ces deux femmes, Elena et Lina (que tout le monde appelle Lila) qui ont grandi ensemble dans un quartier pauvre de Naples. Pour faire simple, si on est fan de foot, on pourrait dire que le debut de l’histoire de ces deux filles rentrent dans la dialectique Messi/Ronaldo. Lila est brillante, un genre de génie, tout au long du roman, on a l’impression qu’elle pourrait réussir dans n’importe quel domaine où elle choisirait de s’engager. Elena, elle, a découvert très jeune qu’elle était douée pour les études. Pour se sentir au même niveau que Lila puis de la petite amie de Nino ou encore pour faire honneur à ceux qui ont cru en elle, Elena grandit en étant une fille studieuse, consacrant peu de temps à autre chose que ses etudes, lisant les livres qu’on attendait d’elle qu’elle puisse citer, toujours avec cette même insécurité et le sentiment d’avoir quelque chose à prouver.

Toute comparaison s’arrête là parce qu’en vrai, il n’y a rien de vraiment simple dans cette saga. Et il faudrait un article entier consacré à chacun des tomes. L’amitié entre Elena et Lila, dès ses prémices, est complexe voire assez toxique. Elles expriment très peu leurs sentiments réels et on a l’impression qu’elles sont à la fois très proches et étrangères l’une à l’ autre. Au début, Elena semble être fascinée par son amie, sa force de caractère, le feu qu’elle porte en elle et qui rend tellement intenses autant ses haines que ses amours. Mais au fur et au mesure, on se rend compte que chacune représente un peu un idéal pour l’autre et que la fascination et la compétitivité ne se trouve pas d’un seul côté.

A un certain moment, dans le premier tome, Elena a la chance de continuer à aller à l’école mais pas Lila, en dépit de ses capacités. Sa famille, déjà pauvre ne voit pas l’intérêt d’investir dans l’education d’une fille. A partir de là, l’existence des deux amies prend des chemins différents. Elena pourra aller loin dans la vie. Lila semble condamnée à mener une vie identique à celle de sa mère ou de la plupart des autres femmes de leur quartier. Si elle arrive à s’élever au delà de cette condition, à se définir elle-même en dépit de tout, Lila ne le doit qu’à sa nature profonde et à son refus de se conformer.

Ce que cette saga représente pour moi

Elle souffrait et sa douleur me déplaisait. Je l’aimais mieux quand elle était différente de moi, le plus éloignée possible de mes angoisses. Découvrir sa fragilité me mettait mal à l’aise et, par des méandres secrets, ce sentiment se transformait en un besoin de supériorité.

La saga L’amie prodigieuse suit l’histoire de ses héroïnes alors qu’elles font l’experience de l’amour, du deuil, de la trahison et de la violence. On suit comment elles maintiennent une amitié pleine de non-dits, de ressentiments mais aussi marquée par un attachement mutuel, tout au long des péripéties de leurs vies, malgré la distance ou la cohabitation. A travers elles, on découvre aussi Naples sous tous ses contours, les soubresauts politiques de l’Italie d’après-guerre, la mafia ou l’impact de l’émergence du trafic de drogue sur la vie des jeunes, la condition féminine dans une société patriarcale où les femmes sont battues abusées, chosifiées. C’est une histoire où les choses qui font mal sont tues. C’est aussi l’histoire d’un quartier qui n’en finit pas de trépasser.

Cette saga pourrait endosser beaucoup de qualifications: féministe, politique, cruelle, sombre. Pour moi, elle est surtout profondément humaine et m’a d’abord touchée émotionnellement en me ramenant à une amitié qui a beaucoup compté dans ma vie.

Je pense à cette amie qui, le jour où mon premier article est paru dans le journal, a séché les cours, allant écrire dans son coin, pour montrer qu’elle aussi en était capable, qui au fil des années a eu de nombreuses remarques glaçantes à mon égard mais qui était aussi là, à chaque moment, pour me prendre dans ses bras quand ça n’allait pas. On a été amies pendant de longues et parfois difficiles années mais jusqu’à la dernière fois où je l’ai vue, un mois avant mon départ, elle est restée un mystère que je n’ai jamais réussi à élucider. Je ne sais toujours pas quels mots pourraient réellement définir notre amitié ou si elle en était vraiment une. Mais pour ce que j’en sais, personne avant Elena Ferrante n’avait décrit avec une telle justesse les rapports de force qui existent parfois dans une amitié, la fascination que peuvent avoir deux personnes peuvent avoir l’une envers l’autre et surtout comment certaines affections persistent en dehors de toute logique.

La série produite par HBO

Certes, Elena Ferrante, cette auteure mystérieuse dont on ne connait que le pseudonyme a créé une saga à son image. Qu’on lise les livres ou qu’on regarde la touchante adaptation en série qu’en a faite HBO, on reste à la fin avec plus de questions que de réponses et on ne peut que parvenir à nos propres conclusions tirant leur origine dans nos expériences personnelles, ce qui est pour moi la plus importante caractéristique d’un bon livre.

Des deux qui est vraiment l’amie prodigieuse? Qu’en aurait-il été si elles avaient pu profiter des mêmes opportunités? Qu’est ce qui explique l’aversion de Mme Oliveiro pour Lila? Que dire de l’amour qu’elles ont toutes les deux porté à Nino? Ou même quel est le mot qui résumerait au mieux l’amitié entre Elena et Lila? Ne parlons même pas de l’element qui a commencé toute la saga, la disparition épique de Lila. Tant d’interrogations et de points d’attache pour la réflexion.

Il est vrai qu’on ne lit pas tous un roman de la même manière et il peut nous plaire pour différentes raisons ou pour aucune en particulier. Et c’est là toute la beauté de la chose. L’amie prodigieuse est une saga si intrigante qu’il reste sûrement beaucoup à en dire. Si vous ne l’avez pas encore lue, je vous invite à le faire. Si vous en avez eu la chance. Alors parlons-en! La discussion est ouverte en commentaires…

Magdalée Brunache

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Une fille comme elle

Auteur : Marc Lévy

Titre : Une fille comme elle

Année de parution : 2018(mai)

 Nombre de pages : 230

Pays : France(Paris)

Edition : Editions Robert Laffont, S.A.S, Paris, Versilio

Présentation de l’auteur : Marc Levy a vécu sept ans aux Etats-Unis, à San Francisco, où il a créé une société d’images de synthèses, avant de revenir à Paris pour y diriger un cabinet d’architectes. En 2000, il publie son premier roman, Et si c’était vrai : il sera classé durant 70 semaines sur les listes de best-sellers et porté à l’écran par Dreamworks. En novembre 2001, l signe son deuxième ouvrage, Ou es tu ?, suivi de Sept jours pour une éternité…(2003) et La prochaine fois (2004). Ces 4 romans de sont aujourd’hui vendu à plus de 5 millions d’exemplaires. Marc Levy partage sa vie entre New York et Paris.

Portrait d’un personnage (Sanji): Sanji est un jeune indien sympathique, respectueux de ses ainés, anticonformiste. Il n’est presque jamais ponctuel et porte très peu d’attention à son style vestimentaire. Il travaille dans la High Tech. Il a créé un réseau social semblable à Facebook en Inde et vient chercher des investisseurs aux Etats-Unis.

Résumé : Chloé est une actrice qui a perdu sa jambe et se retrouve en fauteuil roulant elle habite au 5ème  étage d’un immeuble dont l’indien Deepak est le liftier. Son père y vit aussi. Elle est la petite amie de Julius, professeur de philosophie. Le travail de Deepak consiste à actionner l’ascenseur manuel pour favoriser les montées et les descentes des habitants de l’immeuble. Sa femme, Lali est la tante de Sanji.

Sanji arrive aux Etats-Unis grâce à une lettre d’invitation de sa tante. Sous l’insistance de celle-ci, il annule sa réservation à l’hôtel Plaza et s’installe chez sa tante et Deepak. Le lendemain, il rencontre Chloé dans un parc et ils passent un moment à discuter. Puis, Sanji rejoint son ami Sam qui doit l’aider à trouver des investisseurs pour son entreprise située en Inde mais cela s’annonce plus difficile que prévu.

Un matin, vers 5h AM, Riviera qui fait le service de nuit en tant que liftier dans l’immeuble, tombe dans l’escalier et est immobilisé pour plusieurs semaines. Le responsable de la copropriété, M Groomlat veut profiter de l’occasion pour automatiser l’ascenseur et ainsi renvoyer Deepak et Riviera.

Chloé pense à un plan pour sauver les deux hommes. Lali demande à son neveu de prendre la place de Riviera pour venir en aide à son oncle. Si Sanji accepte, cela lui donnera l’occasion de se rapprocher de Chloé qu’il a revue une deuxième fois et qu’il a très envie d’apprendre à connaitre. Cependant, demeure une question, qui choisira-t-il d’être à ses yeux : Le jeune entrepreneur, héritier d’une grosse fortune ou le pauvre liftier ? Et elle, ne s’arrêtera-t-elle qu’à l’apparence?

Critique : On reconnait tout de suite la plume de Marc Levy et le caractère propre à ses romans. Des personnages attachants, sympathiques, des dialogues agréables à défaut d’être profonds. Ce roman insiste beaucoup sur le respect des ainés, des liens familiaux. Bien sur, une histoire d’amour s’y tisse au gré des pages. Les péripéties ne sont pas très nombreuses et les situations peu compliquées mais dans l’ensemble c’est un livre qui se laisse lire avec plaisir et qu’on referme avec un sourire aux livres.

Ce sera notre morceau, il ne faudra pas l’oublier, chuchota une jeune femme assise près de lui.

Surpris, il tourna la tête.

 – Il y a toujours un air qui marque le moment d’une rencontre, enchaîna-telle, enjouée.

Elle était resplendissante.

Magdalée Brunache

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Ce n’est pas d’amour que je me meurs

Ce n’est pas d’amour que je me meurs, je me meurs de toi.
Je meurs de toi, mon amour, de l’amour pour toi,
de l’urgence de ma peau pour ta peau,
de mon âme pour toi et de ma bouche
et de mon sale caractère quand tu n’y es pas.
Je meurs de toi et de moi, je meurs de nous deux,
de nous, de celui
qui est déchiré, morcelé,
je me meurs, je te meurs, nous en mourons.

Nous mourons dans ma chambre où je suis seul,
dans mon lit où tu n’es pas,
dans mon lit où mon bras est vide,
au cinéma et dans les parcs, dans les trams,
dans les lieux où mon épaule a les habitudes de ta tête
et ma main la tienne
et je te sais comme moi-même.

Nous mourons là où j’ai permis qu’il y ait de l’air
pour que tu sois hors de moi,
et là où l’air s’achève
quand je te revêts de ma peau
et nous nous connaissons en nous-mêmes, séparés du monde
heureuse, pénétrée, et bien sûr, interminable.

Nous mourons, nous le savons, les autres l’ignorent, mais nous nous mourons
tous les deux, maintenant, séparés,
l’un de l’autre, chaque jour,
à tomber dans des statues multiples,
dans des gestes que nous ne voyons pas,
dans nos mains qui ont besoin de nous.

Nous nous mourons, mon amour, je meurs dans ton ventre
que je ne mords ni n’embrasse,
entre tes cuisses si douces et vives,
dans ta chair sans fin, je meurs des masques,
des triangles obscurs et incessants.
Je me meurs de mon corps et de ton corps,
de notre mort, mon amour, je meurs, nous mourons.
Dans le puits de l’amour à toute heure,
inconsolable, en criant,
à l’intérieur de moi-même, je veux le dire, je t’appelle,
ceux qui naissent t’appellent, ceux qui viennent
d’avant nous, de toi, ceux qui viennent vers toi.
Nous nous mourons, mon amour, et nous ne faisons rien d’autre
que nous mourir encore plus, heure après heure,
et nous écrire et nous parler et nous mourir.

Jaime Sabines
Traduction de Émile Martel

Aimons toujours ! Aimons encore !

Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c’est le cri de l’aurore,
L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l’astre dit aux nuages,
C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l’âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu’on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n’est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l’onde
Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre
L’orgueil du soldat ou du roi,
L’ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l’on se dit :  » Qu’en reste-t-il ? « 

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l’on se dit :  » C’est donc fini ! « 

L’amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s’éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

Ma période Stephen King

Jack Torrance dans le film Shining

Je suis un peu ce que mon cousin psychologue pourrait appeler une maniaque. Avec moi, l’idée la plus simple peut vite dégénérer en une force capable de m’enlever le sommeil ou de s’introduire jusque dans mes rêves. Ces passions ( obsessions) se déclarent assez soudainement et sautent d’un sujet à l’autre. Comme cette fois, ou j’ai décidé de regarder tous les films de Jenifer Aniston (ce à quoi je n’ai toujours pas renoncé). Mais ce n’est pas vraiment le sujet de cet article. Juste une introduction plutôt longue pour raconter comment récemment, je me suis mise dans la tête de lire toutes les oeuvres du fameux Stephen King.

Dire que Stephen King est prolifique est encore un euphémisme. On parle d’un homme dans la bibliographie duquel figurent plus de 60 romans dont certains publiés sous le pseudonyme de Richard Bachman, et une quantité étonnante de nouvelles et d’essais. Un auteur qui est un peu comme une rock star dans son milieu. Il est presqu’impossible de passer à côté de la popularité de Stephen King, surtout quand comme moi on est fan de films d’horreur (Je l’assume). Impossible d’ignorer Carrie, Ça ou Shining.

Comment ça a commencé

Une scène dans Salem’s Lot
Credit photo: darknessofsalem’slot

Donc j’étais déjà assez curieuse depuis longtemps sans jamais me lancer quand je suis tombée sur l’un de ses tout dernier romans: L’Outsider, publié en mai 2018. Un roman brutal, effrayant, débutant avec le meurtre abject, précédé de viol d’un petit garçon de 11 ans. Tout accuse le coach de baseball local Terry Maitland, lequel clame avec force son innocence. Assez vite quoiqu’un peu trop tard, le detective Ralph Anderson en charge de l’affaire se voit forcé d’accepter que finalement, l’histoire est bien plus compliquée que ce qu’il semblait à première vue.

Aussi intéressant que fut ce roman, j’étais loin d’avoir eu le coup de foudre auquel je m’attendais. Alors j’ai décidé de revenir à la base, abordant l’immense oeuvre de Stephen King dans l’ordre chronologique. D’abord Carrie, puis Salem, ensuite Shining…Et il s’est avérée qu’on pouvait rapidement se laisser embarquer par l’univers de Stephen King, aussi macabre qu’il puisse être. Mon intérêt pour chaque histoire ne faisait que s’accroître. Les heures libres entre et après les cours ne suffisant plus, j’ai commencé à trainer ses livres partout avec moi dans le secret de mes écouteurs ou l’audio à plein volume alors que je cuisine ( assez médiocrement) ou autre. Ma curiosité alla aussi vers l’homme derriere l’oeuvre que je découvrais et j’ai commencé à lire autant d’articles que je pouvais sur la vie de l’auteur. Et ainsi, j’ai beaucoup appris pendant ma période Stephen King et un peu compris ce qui faisait de cet homme une telle célébrité.

Une bien belle success story

Stephen King

Né en 1947, Stephen King a grandi entouré de livres, sa mere encourageant chez lui cette passion. Il avait aussi une imagination vive, assez enfiévrée pour lui faire imaginer des montres et des horreurs qui l’attiraient autant qu’ils l’ effrayaient. Un peu comme pour exorciser ses demons intérieurs, il a commencé à écrire, surtout des nouvelles qu’il vendait pour un peu d’argent. Il a fait des etudes en littérature. Au cours de cette période, ses textes sont plusieurs fois rejetés. Et plus tard, malheureusement, meme muni de son diplôme, il ne put trouver un poste d’enseignant. Incapable de trouver un travail lui permettant de joindre les deux bouts, King sombrait peu à peu dans la depression. C’est lors qu’il écrivit le premier jet de Carrie. Comme il arrive souvent avec beaucoup d’écrivains, il n’en fut pas satisfait et le jeta à la poubelle où sa femme Tabitha King. le trouva le lendemain. L’ayant lu, elle l’encouragea à continuer. Ce qu’il fit. Carrie fut publié en 2 ans après, en 1973 et amorça le succès de Stephen King qui se confirma quelques années plus tard avec Shining,l’enfant lumière.

Quelles histoires!

Des millions d’exemplaires vendus, de nombreuses adaptations cinématographiques de ses livres, pour un auteur assez controversé comme l’est Stephen King, il doit y avoir quelque part, quelque chose qui fonctionne. L’explication se trouve dans ses histoires, l’imagination qui les carbure mais aussi la façon dont elles sont racontées. En lisant Stephen King, on ne peut s’empêcher de penser à la reaction qu’on obtiendrait dans une vraie assemblée d’ « intellectuels » en citant l’un de ses romans comme son préféré. On ne manquerait pas de se faire reprocher son manque de goût ou de se voir répondre qu’il ne s’agit pas là de veritable littérature. Mais alors que beaucoup peuvent trouver à en redire sur son style, personne ne peut nier les talents de conteur de Stephen King ni sa capacité à inventer des personnages dont le lecteur arrive à se sentir proche. Son inspiration venant de sources diverses, les oeuvres de Stephen King abordent des thèmes aussi variées que la violence en milieu scolaire, les monstres ou la schizophrénie. Il a aussi touché à de nombreux genres, de l’horreur à la fiction post-apocalyptique. La caractéristique commune: des histoires surprenantes, capables de vous donner la chair de poule, de garder scotchée votre attention tout en faisant tourner votre imagination à plein régime.

Venez lire avec moi

Viens jouer avec nous…

Mais l’univers de Stephen King peut-être dur, rempli de meurtres, de sang et de toutes les horreurs qu’un esprit humain puisse imaginer alors au bout d’un moment bien sûr, il faut en sortir pour respirer un peu et retrouver foi en l’homme, pourquoi pas avec un roman feel good un peu fleur bleue de Marc Lévy (que j’aime beaucoup). Alors que ma période Stephen King a pris fin il y a peu, je ne doute pas qu’il suffira d’une impulsion pour que j’y replonge. Et quand je reprendrai mon défi, j’espère bien avoir de la compagnie. Alors je vous invite à vous trouver un coin solitaire, à éteindre toutes les lumières, à part bien sûr votre lampe frontale. Prenez un bon roman ou un recueil de nouvelles de Stephen King et lance-vous! Promenez vous au côté d’un petit garçon qui prédit l’avenir dans les couloirs déserts d’un hôtel d’hiver où d’étranges événements se produisent ou imaginez que vous soyez parmi les 2% restants de la population mondiale après une étrange infection. Bref, laissez Stephen King vous raconter une histoire avant de dormir et avec un peu de chance vous ne vous sentirez plus jamais seul dans votre chambre et vous aurez des cauchemars bien plus épicés.

Magdalée Brunache

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