Romain Gary dans « La vie devant soi »

Je pense que pour vivre, il faut s’y prendre très jeune, parce qu’après on perd toute sa valeur et personne ne vous fera de cadeaux.

Momo

Prix Goncourt 1975, « La vie devant soi » est, sans conteste, l’un des
plus beaux romans de Romain Gary. Je n’arrive pas à compter combien de fois,
je l’ai lu et relu. Et, à chaque lecture, je ne peux m’empêcher
d’avoir des larmes aux yeux. Il y a des romans qui font cet effet là
et des personnages qu’on garde en mémoire toute sa vie.
Comme c’est le cas avec le petit Mohammed, héros du roman.

– C’est là que je viens me cacher quand j’ai peur. – – Peur de quoi, Madame Rosa? – – C’est pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur, Momo. – Ca, j’ai jamais oublié, parce que c’est la chose la plus vraie que j’aie jamais entendue.

Conversation entre Momo et Madame Rosa

Je ne saurais oublier l’amour de Momo (Mohammed) pour la vieille madame
Rosa. Un amour unique qui va bien au-delà de ce que les mots
infantiles de Momo parviennent à exprimer. Ce petit garçon arabe est
doté d’une extrême sensibilité et d’une grande intelligence. Il
a grandi dans un clandé, sorte de pension pour les enfants de
prostituées, dirigé par Madame Rosa. Ignorant ses origines, Momo n’a au
monde que la vieille dame qu’il voit se détériorer de jour en jour…

« Moi la vie je vais pas lui lécher le cul pour être heureux. »

Momo

Se laissant rarement aller aux pleurs, cet enfant arrive à dissimuler
ses souffrances, sa solitude, sa fragilité sous un masque de fierté et
de bravoure. Il reporte sur la vieille dame le trop plein d’amour de
son cœur d’enfant en mal de tendresse. De toutes ses forces, il va
tenter de défendre Madame Rosa de « tout ce qui ne pardonne pas » dans
la vie. Autour d’elle, va se tisser une chaîne de gens bons et généreux
dont l’aide lui sera inestimable.

… quand je serai grand j’écrirai moi aussi les misérables parce que c’est ce qu’on écrit toujours quand on a quelque chose à dire.

Momo

Dans le milieu où s’est déroulée son enfance, il a fait l’apprentissage
de nombreux modes de vie. Il a côtoyé l’univers de la drogue (dont il a
pu néanmoins se préserver), celui des prostituées et de leurs proxénètes. Il
en sait plus sur la vie que pas mal de gens plus âgés et c’est ce qui,
souvent, le surprend. Une compréhension des choses que les aléas
de l’existence se sont chargés d’affûter. Néanmoins, sous divers
aspects, il demeure un gamin attachant. Un enfant avec le besoin de
faire partie d’une famille, de connaître le bonheur (même s’il feint de
s’en ficher). Car, qu’il soit arabe et fils de prostituée ne justifie pas
qu’on lui refuse sa part de ciel bleu.

Magdalée Brunache

3 réflexions au sujet de « Romain Gary dans « La vie devant soi » »

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