Parce qu’il s’agit ici de « La belle amour humaine »

Résumer un roman tel que  « La belle amour humaine » de Lyonel Trouillot reviendrait à tenter l’exercice farfelu de définir la complexité des personnages évoluant dans cette sphère romanesque. Mais comme Thomas l’a si bien dit: « on ne résume pas un humain ». Alors on peut toujours s’embarquer à bord de la voiture de Thomas, pour suivre le trajet de Port-au-Prince à Anse-a-Fôleur, se fondre dans la multitude disparate de la ville, se saouler de tous ses bruits, emprunter la nationale pour atteindre ce lieudit d’Anse-a-Fôleur ou vingt ans plus tôt avait pris naissance un mystère jamais élucidé.

Une nuit, les deux maisons jumelles de l’homme d’affaires Robert Montes et du colonel Pierre André Pierre brulèrent sans que leurs propriétaires ne pussent s’échapper. Était-ce un accident ? Un crime collectif ? Dans ce village côtier du Nord-Ouest, personne n’a rien vu (du moins le soutiennent-ils).Voilà qu’une vingtaine d’années plus tard, la petite fille de Robert Montes débarque. Elle est en quête de réponse, d’une meilleure compréhension de l’inconnu que fut son père. Son nom est Anaïse, un nom doté d’une grande saveur locale. Mais ne vous y fiez pas, c’est une occidentale matérialiste, venue d’une des grandes capitales du monde.

Tout au long du trajet, les mots de Thomas vont emplir l’espace clos de la voiture. Son flux de paroles nous peint Anse-a-Fôleur, ce lieu où chaque habitant souffre de la maladie de la mer, où l’étranger est reçu avec chaleur et bienveillance. Là-bas, quelques familles évoluent dans une fraternité parfaite. Plus que de l’affabilité, c’est leur amitié que ces hommes et ces femmes offrent à l’inspecteur venu de la capitale suite à l’incendie des « belles jumelles » et plus tard à Anaïse. Un accueil qui les pousse, chacun à leur tour à se poser la seule question qui compte réellement : quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?…Doit on la porter à étendre sa domination sur les autres comme le firent l’homme d’affaires et le colonel ?ou alors faire le don de son rire, de sa lumière intérieure à ceux qui nous entourent.

Les deux hommes (l’homme d’affaires et le colonel) avaient toujours craché sur ce que l’oncle de Thomas, le peintre Frantz Jacob appelle : La belle amour humaine. Là peut-être réside la cause de leur disparition. À Anse-a-Fôleur, leur absence fut à peine remarquée. Car finalement ce livre est l’histoire de ces villageois soumis aux caprices de la mer, loin des préjugés de toutes sortes dont thomas a souvent fait l’expérience. C’est l’esquisse de ce patelin où chacun s’évertue dans la mesure du possible à être l’aide-bonheur d’une autre personne la plus grande joie étant d’apporter à l’autre un peu de soi-même. Après tout, n’est-ce pas là la meilleure façon de faire acte de présence dans le paysage humain ?

Magdalée Brunache

Publié dans Le National du 23 juillet 2015

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