La Perle-Fiche de lecture

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Titre : La perle

Auteur : John Steinbeck

Genre : Roman

Nombre de pages : 189

Pays : Etats-Unis

Edition : Viking Press

Année de parution : 1947

Traducteur : Marcel Duhamel

Cadre spatio-temporel : Salinas, Californie, début du 20ème siècle

Thèmes abordés : La pauvreté, l’argent, la jalousie, la condition humaine, le capitalisme

Personnages principaux : Kino, Juana(sa femme), Coyotito (son fils)

Autres personnages importants : Juan Tomas (son frère), le médecin

Résumé

Kino habite un petit village où tout le monde se connait avec sa femme et son bébé. Il est pêcheur de perle. Son métier consiste à trouver des perles dans les coquilles des huitres qu’ils pêchent et à les vendre. Un matin, tout ce qu’il y a de plus calme et heureux, un scorpion pique le fils de Kino. Les cris de l’enfant font accourir tout le village. Les piqures de scorpion sont très dangereuses alors la femme de Kino insiste pour aller voir le médecin. Ce dernier est un rustre incompétent qui ne fait allégeance qu’aux riches de la ville et ne va jamais offrir ces services aux pauvres gens du village. La petite famille de Kino se met en marche avec à sa suite une foule formée de tout le village et même des mendiants. Mais le médecin les humilie et refuse ses soins a l’enfant parce qu’ils sont trop pauvres pour le payer. Alors Kino part en mer avec sa famille dans l’espoir de trouver une perle qui lui donnerait assez d’argent pour sauver son fils. La prière de sa femme est exaucée et il trouve la plus grosse perle du monde telle que personne n’en a jamais vue de pareil. Bientôt, la nouvelle a envahi le village. Nul n’ignore le « miracle » qui s’est produit et chacun, du médecin jusqu’au prêtre du village, réfléchit  a comment ils vont pouvoir en tirer parti. La haine et la jalousie grandissent autour de Kino au point que sa femme commence à voir la perle comme une malédiction. De coup- bas en agressions, les choses empirent tant que Kino se voit forcer de fuir le village après qu’il ait du tuer un de ses agresseurs et qu’on eut incendié sa maison. Leur fuite va mener à un dénouement tragique qui nous pousse grandement à réfléchir après avoir refermé le livre.

Commentaires

L’impression qu’on a tout au long de la lecture de ce livre c’est que l’auteur a envie d’exprimer quelque chose de profond et qui va bien plus loin que ce qui est raconté. La réalité qu’il nous peint est celle de pauvres villageois analphabètes et superstitieux qui subissent constamment les coups du destin et de ceux là comme le médecin ou les acheteurs de perles qui ne ratent pas une occasion de jouer sur leur ignorance pour les  arnaquer. D’où vient la peur de ces gens par rapport à l’argent, aux richesses ? Peut-être de cette idée que l’argent ne fait pas le bonheur qui sert a réconforter les pauvres gens dans leur misère. Ils ont peur de rêver, peur de vouloir aller au delà de leurs conditions de peur que les dieux ne leur fassent payer leur ambition. On comprend aussi par les réactions du docteur comment l’argent est devenu la seule valeur que l’on respecte et combien souvent elle parait valoir plus qu’une vie humaine. On relève aussi l’hypocrisie dans ce livre chez tous ses gens qui prétendent que si une chance comme celle de Kino leur était accordée, ils utiliseraient tout l’argent dans des œuvres de charité. On voit aussi comment la jalousie peut pousser les hommes aux pires bassesses. Seul contre tous, Kino a été courageux.  Seul, il s’est soulevé contre les superstitions, contre l’abrutissement général de ses semblables qui se contentent  des miettes qu’on leur donne et n’expriment leur haine contre leurs exploiteurs que par des mimiques et des regards au lieu de réagir. Le seul, Kino a deviné que la clé qui leur permettrait d’améliorer leur condition était l’éducation. Seulement quand  ils sauraient ce qui se cachait dans les livres, ils pourraient déjouer les pièges qu’on voudrait leur tendre. Kino avait compris mais tous ses choix le menaient inexorablement vers cette triste fin comme s’il existait un ordre immuable des choses que nul ne pouvait contrer. Kino a été broyé par le système comme d’autres le seront probablement après lui. Car à travers les générations, il y a toujours des gens qui comprennent mais rares sont ceux qui arrivent à révolutionner les choses. Un homme ne peut faire seul la révolution et encore moins quand autour de lui ne se dresse que la lâcheté de ses semblables qui n’hésiteront pas a sacrifier l’un des leurs s’il vient contrarier  leur situation injuste et révoltante  mais qu’ils ont fini par croire naturelle.

Dans ce livre, Steinbeck parle de la Californie, de Kino mais il aurait pu aussi bien parler de moi, de toi, d’Haïti. C’est-à-dire que l’histoire pourrait s’appliquer à nous. Des personnages comme le médecin, on n’en croise tous les jours et ce système qui a condamne Kino, ce système ou prévaut l’argent c’est le capitalisme qui nous parait comme étant immuable et naturel.

Intérêt

Il y aurait encore tant à dire de ce livre. Et après lecture, chacun pourrait en faire une analyse très différente de la mienne tant ce livre offre d’horizons à la réflexion et d’angles d’approche. De plus, il est bien écrit et se laisse lire avec plaisir et ne tient qu’en bien peu de pages. Chacun aurait donc tout intérêt à aller lire ce petit livre et à s’en faire sa propre idée.

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