Lettre d’octobre

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Quelquefois
je redeviens mortel mon amour
accessible
cherchant dans la rue
le champ libre de tes yeux
pour rattraper le soleil
au pas de course
empaqueter tes mains
faire un grand trou dans les mots
et te parler avec des phrases mal parties
des phrases qui ratent le train
trainent une bouée de douleur
aussi lourde qu’une tête coupée
qui rit dans la rosée
《Ecris moi, raconte moi ta vie》
mais comment raconter
les mots sont fous
qui viennent par avalanche d’une ville
habitée par des mannequins de cire
au ralenti
d’une ville habitée
par des montres arrêtées
sur la face des maisons ou des passants
Ah!comment veux-tu que je mette
tous ces mots dans une lettre
-témoin oculaire d’un temps
qui n’est pas a son dernier repas de cannibales?

Georges Castera, les cinq lettres, 1992

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