Regard sur le féminisme haïtien

feminism

Avant, il y avait Elle, la fille respectable,
se laissant gentiment courtiser par
monsieur. Puis, Elle, sous les voûtes de
l’église qui lui disait oui et tacitement
jurait de se soumettre aux désirs de
monsieur, de le nourrir, le blanchir et le
moment venu d’assurer sa descendance.
Ainsi monsieur avait tout à gagner,
délaissant son milieu familial, il obtenait
tout de même une mère avec bénéfice.
Et aujourd’hui… eh bien, elle existe encore
la charmante femme au foyer des siècles
passés. Sauf que, mondialisme oblige, un
souffle de changement a atteint notre
moitié d’ile et a emporté dans son sillage
maintes convenances. Voilà qu’a vu le
jour, une toute nouvelle catégorie de
femmes haïtiennes, se disant féministes,
libérées et tout ce qui s’ensuit ! Elles sont
de plus en plus nombreuses à l’être
jusqu’au bout des ongles, et ce, depuis les
bancs de l’école.
D’abord, cela se traduit par une petite
entorse aux règles communément établies.
La fille se dit : « pourquoi attendre le bon
vouloir de l’autre ? Pourquoi ne pas aller
vers lui ? » Alors, aussi simplement que
ça, elle se met en mode drague. Certaines
choisiront la méthode directe. D’autres,
un peu moins « libérées » préfèreront user
d’artifices, les mots gentils lâchés comme
par hasard pour lancer la conversation, le
rire irrépressible suivant inévitablement
les blagues (même les plus banales) de
l’autre. Déjà une première étape franchie !
Plus tard, la féministe accomplie fera
clairement comprendre à son compagnon
de vie qu’elle entend bien défendre ses
droits. Elle lui tiendra le discours de la
femme insoumise, lui rappellera avec
fougue à quel point celles de son sexe ont
lutté pour leur autonomie et il faudra bien
que monsieur se réjouisse de voir madame
travailler tout comme lui, admette qu’elle
gagne son propre argent et qu’il évite
surtout de la questionner sur l’usage
qu’elle en fait.
N’empêche que la note au restaurant,
c’est toujours monsieur qui la paie, il se
charge aussi du salaire de la domestique.
Parce que c’est là son devoir d’homme. Et
quand, malgré tout, madame veut faire sa
loi et n’a de cesse de lui rappeler que le
temps du machisme est bel et bien révolu,
que l’heure est maintenant aux
femmes, « e ey ! fe travay pou ou ? sal ye
la ! (ou t ap ri m) » Monsieur a, de plus
en plus, du mal à retenir un « Maudit soit
le féminisme et au diable l’Occident qui
nous a gâté, nos femmes avec ses
feuilletons, ses livres et ses films ! » Et
elle, pendant ce temps, savoure sa
victoire, au nom de toutes celles qui ont
souffert de l’ancien ordre des choses.
Mais il fallait s’attendre à ce que les
hommes ripostent ! Nombreux sont ceux
qui font provision d’arguments
susceptibles d’appuyer la thèse de la
supériorité masculine. Tandis que certains
choisissent plutôt de jouer le jeu des
féministes. Qu’elles soient libres, très
bien ! Mais ma chérie, le côté trottoir,
c’est moi qui le prends et les fins
heureuses pour vous du genre Titanic,
vous oubliez aussi ! Alors entre ces
féministes endurcies, qui sont parfois tout
bonnement anti-mariage et les hommes
qui résistent, ce qui est sûr, c’est qu’ici,
la guerre n’est pas encore finie !

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